Le virus
de l’hépatite D (VHD), autrefois appelé agent delta,
est un virus à ARN pseudo-défectif. Cela signifie qu’il
a une réplication autonome mais qu’il requiert la présence
du virus de l’hépatite B, dont il se sert de l’enveloppe,
pour devenir pathogène. Le VHD n’est donc infectieux qu’en
présence du VHB. Ce type d’association n’existe naturellement
que chez l’homme.
Le VHD a une structure voisine de celle des viroïdes. Il est constitué
d’un ARN circulaire simple brin, associé à des protéines
(Ag HD) composant une nucléoprotéine enveloppée
par l’AgHBs fourni par le VHB. Le génome du VHD comprend
plusieurs cadres de lecture potentiels, mais un seul (sur le brin antigénomique)
code pour l’Ag HD. L’Ag HD existe sous deux formes de tailles
différentes : la petite protéine (S pour small) qui active
la réplication virale, la grande protéine (L pour large)
qui la réprime et joue un rôle dans l’assemblage
des particules virales.

Représentation du VHD

VHD en microscopie électronique
Epidémiologie
du VHD
Parmi les sujets infectés par le VHB, 5 % sont aussi infectés
par le VHD (soit donc plus de 20 millions de personnes). Dans certains
pays, ce pourcentage va jusqu'à 20 %. Les zones d’endémie
du VHD ne se superposent pas à celle du VHB. Des zones de moyenne
endémie du VHB correspondent à des zones d’endémie
du VHD (le bassin méditerranéen, certaines régions
de l’Europe centrale ou d’Amérique latine par exemple),
alors que le VHD est plus rare dans des zones de forte endémie
du VHB comme l’Asie du Sud-Est. Dans les zones endémiques,
la transmission est sexuelle ou intrafamiliale. Dans des zones de faible
endémie, la transmission est essentiellement parentérale.
En France, l’hépatite Delta touche surtout les usagers
de drogues. Toutefois, tout sujet chroniquement infecté par le
VHB doit être considéré comme potentiellement soumis
au risque d’une surinfection Delta.
Le VHD se décline en trois principaux génotypes. Le génotype
I est le plus courant dans le monde, mais le génotype II prédomine
à Taïwan. La maladie associée au génotype
II serait moins sévère que le génotype I. Quant
au génotype III, il est associé à des éruptions
d'hépatites « sévères » au Venezuela
et au Pérou.

Répartition mondiale du VHD